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Qu’est-ce que la médiation ou la conciliation ?

La médiation et la conciliation constituent des modes alternatifs de règlement des différends (MARD) permettant de résoudre un litige sans recourir immédiatement au juge.

Ces procédures amiables s’inscrivent dans une politique publique de désengorgement des juridictions et de promotion du règlement amiable des litiges.

Le droit français a progressivement renforcé leur place, notamment à travers la loi n° 95-125 du 8 février 1995 et les dispositions du Code de procédure civile (CPC). Depuis le décret n° 2019-1333 du 11 décembre 2019, certaines démarches amiables sont même devenues obligatoires avant la saisine du tribunal dans certains litiges (article 750-1 CPC).

 

Sommaire :

 

I. Définition et principes généraux

1.1 Qu’est-ce que la médiation ?

La médiation est définie par l’article 1530 du Code de procédure civile comme tout processus structuré, quelle qu’en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord avec l’aide d’un tiers, le médiateur. 

 

Elle repose sur plusieurs principes fondamentaux :

premièrement le volontariat des parties (les parties y consentent librement), puis l’impartialité et indépendance du médiateur (il ne doit avoir aucun lien avec les parties, et n’en retire aucun intérêt personnel).  Troisièmement, le principe de confidentialité des échanges (article 1531 CPC), énonçant que sauf accord contraire des parties, les constatations du médiateur et les déclarations recueillies ne peuvent être produites en justice ni invoquées dans une procédure ultérieure. et enfin l’autonomie des parties dans la solution

La médiation peut être conventionnelle (à l’initiative des parties) ou judiciaire (ordonnée par le juge, articles 131-1 et suivants CPC)

 

1.2 Qu’est-ce que la conciliation ?

La conciliation est un autre mode amiable, prévu notamment aux articles 127 et suivants du Code de procédure civile.

 

Elle consiste en l’intervention d’un conciliateur de justice, auxiliaire bénévole nommé par la cour d’appel (articles R. 131-12 et suivants du Code de l’organisation judiciaire).

Contrairement au médiateur, le conciliateur peut proposer activement une solution aux parties.

 

La conciliation peut être judiciaire (autrement dit menée par le juge lui-même ou déléguée) ou extrajudiciaire (via un conciliateur de justice saisi directement)

 

II. Dans quels cas recourir à la médiation ou à la conciliation ?

2.1 Les litiges civils et commerciaux

Les MARD (mode alternatif de règlement des différends)  sont particulièrement adaptés aux : 

  • litiges contractuels
  • contentieux commerciaux
  • conflits entre associés
  • litiges de recouvrement de créances

 

L’article 750-1 du CPC impose, pour les litiges inférieurs à 5 000 € ou certains conflits de voisinage, une tentative préalable de résolution amiable (médiation, conciliation ou procédure participative). 

2.2 Les conflits familiaux

La médiation familiale est largement encouragée, notamment en matière de divorce, d’autorité parentale ou de pension alimentaire.  

L’article 373-2-10 du Code civil permet au juge de proposer une médiation familiale.

La jurisprudence souligne l’intérêt supérieur de l’enfant dans ces démarches, qui doit primer. 

 

2.3 Les conflits de voisinage ou de consommation

La conciliation est très utilisée également pour troubles de voisinage, litiges de consommation, différends locatifs. Elle est souvent gratuite et rapide, ce qui en fait un outil privilégié pour les petits litiges. 

 

III. Comment se déroule une médiation ou une conciliation ?

3.1 Les étapes de la procédure

Le processus suit généralement les étapes suivantes :

  1. Saisine du médiateur ou conciliateur (initiative des parties, ou par le juge) ; 
  2. Accord des parties pour entrer dans le processus (principe de volontariat) ; 
  3. Organisation de réunions (physiques ou à distance) ; 
  4. Échanges confidentiels et négociation (les propos tenus ne pourront être réutilisés dans un cadre contentieux) ; 
  5. Formalisation éventuelle d’un accord (peut être rédigé par le médiateur, le conciliateur ou les avocats des parties.) 

 

Le médiateur facilite le dialogue sans proposer de solution, tandis que le conciliateur peut formuler des propositions concrètes. En médiation judiciaire, le juge fixe la mission du médiateur et sa durée (article 131-3 CPC).

 

3.2 La valeur juridique de l’accord

L’accord issu d’une médiation ou d’une conciliation a la nature d’un contrat (article 1103 du Code civil).

Il peut être :

  • exécuté volontairement
  • ou homologué par le juge, ce qui lui confère force exécutoire (article 1565 CPC)

 

IV. Les avantages de la médiation et de la conciliation

4.1 Rapidité et maîtrise des délais

Contrairement à une procédure judiciaire souvent longue, la médiation ou la conciliation peut aboutir en quelques semaines.

 

4.2 Coût réduit par rapport à une procédure judiciaire

La conciliation est généralement gratuite, et la médiation, a souvent un coût partagé entre les parties. Ces coûts restent inférieurs à un contentieux judiciaire complet.

 

4.3 Confidentialité des échanges

La confidentialité est un principe essentiel (article 1531 CPC). Les échanges ne peuvent être utilisés devant le juge sans accord des parties.

 

4.4 Préservation des relations professionnelles ou personnelles

Ces procédures favorisent un dialogue apaisé et permettent de maintenir des relations durables (associés, partenaires commerciaux, famille).

 

4.5 Solution sur mesure adaptée aux intérêts des parties

Contrairement au juge, qui tranche en droit, les parties peuvent élaborer une solution personnalisée, intégrant des considérations économiques ou humaines.

 

V. Le rôle de l’avocat dans la médiation ou la conciliation. 

5.1 Conseil stratégique avant la procédure

L’avocat évalue l’opportunité d’un règlement amiable ; les risques juridiques et la stratégie de négociation

 

5.2 Assistance pendant les négociations

Il accompagne son client lors des échanges et veille à l’équilibre des concessions.

La pratique montre que la présence d’avocats favorise la sécurisation des discussions. 

 

5.3 Sécurisation juridique de l’accord final

L’avocat rédige ou valide l’accord afin d’éviter toute ambiguïté, d’assurer son exécution et de permettre son homologation judiciaire

En conclusion, la médiation et la conciliation constituent aujourd’hui des outils essentiels pour éviter un procès et privilégier un accord amiable. Encadrées juridiquement et encouragées par le législateur, elles offrent une alternative efficace, rapide et adaptée aux enjeux contemporains du règlement des litiges.

 

FAQ : 

Quelle est la différence entre médiation et conciliation ?

La médiation repose sur un tiers facilitateur qui aide les parties à trouver leur solution, tandis que le conciliateur peut proposer activement une solution.

 

La médiation est-elle obligatoire avant de saisir un tribunal ?

Oui, dans certains cas prévus par l’article 750-1 du Code de procédure civile (petits litiges de -500€ et conflits de voisinage), une tentative amiable est obligatoire.

 

Combien de temps dure une médiation ?

En pratique, elle dure de quelques semaines à quelques mois. En médiation judiciaire, la durée est fixée par le juge (article 131-3 CPC).

 

L’accord issu d’une médiation est-il juridiquement contraignant ?

Il a valeur contractuelle et peut être homologué par le juge pour devenir exécutoire (article 1565 CPC).

 

Faut-il un avocat pour participer à une médiation ou une conciliation ?

Non, mais il est fortement recommandé afin de sécuriser juridiquement la procédure et l’accord final.

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